Félix Lapointe se dit choyé par l’écosystème d’aide à l’entrepreneuriat

Félix Lapointe aime la glisse. Tellement qu’il a décidé de fabriquer ses skis! Et il veut que ses joujoux soient écolos! 

 

Félix Lapointe a 25 ans. Vous le verrez s’ébattre avec ses amis, et surtout ses deux associés, Jonathan Audet et Étienne Boucher, dans la grande blanche du fin fond de la Gaspésie, des monts Valin ou les sous-bois du mont Sainte-Anne.  

En décembre 2019, le jeune entrepreneur lançait ses premiers skis sur le marché, sous la marque Ferreol. Des skis conçus à Sainte-Anne-de-Beaupré et vendus spécifiquement pour le skieur québécois (ou de l’est de l’Amérique du Nord). « Les skis vendus partout sont généralement conçus pour les Alpes ou les Rocheuses, explique-t-il. Les nôtres sont destinés aux skieurs québécois, qui évoluent sur de plus petites montagnes, dans des sous-bois plus denses, sur une neige plus variée qu’ailleurs. Nos skis sont plus agiles et polyvalents. »

Lapointe et ses associés se sont donné aussi un objectif plus ambitieux : offrir les premiers skis durables de haute performance de la planète. De fait, leurs produits ont une empreinte écologique réduite : « Personne, dans notre industrie, ne se préoccupe de cette question. Sauf nous », affirme-t-il.

La PME de cinq salariés, les trois associés inclus, a mené un projet d’écoconception qui a permis de remplacer les fibres de carbone et de verre utilisées dans la fabrication habituelle des skis, par de la fibre de lin. « On savait que la nature est le terrain de jeu des skieurs et qu’ils sont soucieux dans leurs choix d’achat parce qu’ils ont cette conscience écologique », ajoute-t-il. 

Ferreol conçoit ses produits et met au point ses prototypes dans ses labos. Elle les teste au mont Sainte-Anne et dans les Chic-Chocs, ainsi qu’à Murdochville, devenue la destination à la mode du ski hors-piste québécois. Les skis sont fabriqués à Rimouski et vendus à la Côte-de-Beaupré, Chicoutimi, Sainte-Anne-des-Monts, Brossard et Val-David. Le réseau de distribution s’agrandit sans cesse. 

La PME déménage bientôt dans des locaux six fois plus spacieux, à Beaupré. De nombreux nouveaux produits sont en développement, grâce notamment à des partenariats de plusieurs centaines de milliers de dollars avec plusieurs universités, pour les trois prochaines années. 

La pandémie, un avantage 

La pandémie a-t-elle affecté leur expérience d’entrepreneur? Félix Lapointe répond en riant qu’il se considère parmi les chanceux du monde des affaires, qui ont prospéré durant la Covid-19.  

« La pandémie a accéléré le phénomène de la ruée vers le plein air, analyse-t-il. Ça a littéralement propulsé notre entreprise. Notre communauté, nos clients, nos partenaires, s’est renforcée depuis deux ans. » 

Se sent-il adéquatement appuyé par l’écosystème de soutien à l’entrepreneuriat? Absolument.  

« Une chance que cet écosystème existe, sinon, on ne serait tout simplement pas en affaires aujourd’hui, répond-il. Quand je me suis rendu compte qu’on avait accès à toutes ces ressources matérielles et humaines, je me suis senti moins seul! » 

De fait, Ferreol a participé à plusieurs programmes et incubateurs, et bénéficié de l’appui d’Entrepreneuriat Laval, l’incubateur universitaire basé dans la Capitale-Nationale; citons VIP3 de l’Université Laval, l’Académie de l’entrepreneuriat et le programme Traction de cette même université, ainsi que l’incubateur accélérateur Le Camp. Québec International, Desjardins et Rio Tinto sont aussi des partenaires financiers. Ferreol a ainsi bénéficié de plusieurs bourses et subventions institutionnelles et privées. 

Y a-t-il tout de même des carences au sein de l’écosystème d’aide? Félix Lapointe mentionne qu’il faudrait attribuer rapidement des coachs aux entrepreneurs qui bénéficient des services d’incubateurs. Il se réjouit tout de même de bénéficier de l’aide de mentors, dont Guy Gendron, de Sage Mentorat d’affaires de la Capitale-Nationale, et Michel Simard, de Ski Michel, une boutique renommée de Sainte-Anne-de-Beaupré. 

Outre des produits qui se distinguent de la concurrence, quel est le principal avantage de Ferreol? « Les trois associés sont complémentaires : je m’occupe de la gestion, Jonathan a 10 ans d’expérience dans la vente de skis et Étienne a de fortes connaissances en fabrication mécanique. Mais, surtout, notre entreprise est fondée sur la passion. On est des skieurs. Des vrais! »  

Félix Lapointe fait également partie des 40 entrepreneur(e)s sélectionné(e)s pour faire partie du Parcours Jeunes Entrepreneur(e)s, un programme lancé par Desjardins Entreprises en partenariat avec le Réseau Mentorat.

Propos recueillis par Stéphane Desjardins.